Logo de la Fondation vaudoise pour la culture


Créée en 1987, la Fondation vaudoise pour la culture a pour but d'honorer et récompenser les personnalités du monde culturel du canton de Vaud et leur donner les moyens matériels de poursuivre leur œuvre.

Palmarès 2017

Sophie Bouvier Ausländer, arts visuels

Laudatio

Son nom, un manifeste : Ausländer. Elle fait du globe terrestre une sculpture et construit des mondes dans le monde. La main plie et froisse, les échelles se bousculent : le monde réduit à deux dimensions se transforme. Papier et béton, béton comme écrin aux livres, comme une « manière de faire des mondes », papier transmuté par la paraffine en peau ou fourrure, monde paradoxal qui se fait ballon doux comme un nuage et cauchemar de barbelés. Pour Sophie Bouvier Ausländer, les multiples formes du champ des possibles peuvent parfois être visualisées. Les possibles sont toujours contenus dans l’existant. « Faire, c’est refaire » dit l’artiste, citant Nelson Goodman. Et de travailler avec des cartes, des lettres, des horaires : autant de matériaux, autant d’associations symboliques, autant de possibles.

Grand prix 2017

Le Grand prix, d’un montant de 100’000 francs, honore une personnalité du monde culturel vaudois qui a enrichi le pays par une œuvre forte et une approche neuve. Cette importante somme apporte à un créateur reconnu le bien le plus précieux : un temps libéré de contraintes financières.

Mario Del Curto, photographe

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De ses périples à travers le monde, d'un continent à l'autre, Mario Del Curto rapporte des images qui témoignent de la relation de l'être humain avec son environnement. Avec son regard très exigeant, le photographe, dont la modestie égale le talent, a documenté tour à tour les arts de la scène, l'art brut ou encore les jardins sous toutes leurs dimensions. Son récent intérêt pour la biodiversité l'a conduit à pister la mémoire génétique des plantes alimentaires, des pommes de terre du Pérou aux variétés de blés en Suisse en passant par les graminées en Russie et les semences en Norvège. Ses photographies sont exposées dans de nombreux pays, projets itinérants illustrant ses déambulations pour nous livrer le réel et ses marges.

Prix du rayonnement 2017

Le Prix du rayonnement, d’un montant de 20’000 francs, distingue une personnalité du monde culturel vaudois dont la renommée va au-delà des frontières du canton de Vaud et de la Suisse.

Kathryn Bradney et Igor Piovano (Igokat) et Florence Faure (Le Loft), compagnies et écoles de danse

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Ils ont une passion commune : la danse. Et un passé commun au Béjart Ballet Lausanne. L’une vient de France, l’autre des Etats-Unis, le troisième d’Italie. Tous trois ont été de remarquables solistes sur les scènes les plus prestigieuses. Et même sur grand écran : Kathryn Bradney et Igor Piovano au côté de Patrick Swayze dans One Last Dance ; Florence Faure en duo avec Mikhaïl Barychnikov dans Soleil de nuit. Leurs carrières d’interprète terminées, ils ont décidé de se vouer à la relève. Florence a repris l’atelier Le Loft, à Vevey ; Igor et Kathryn (Igokat) le studio qui fut naguère celui de Boris Kniaseff, « le maître des étoiles », à Lausanne. Tous ont à cœur de transmettre l’amour de leur art. Mission d’éveil accomplie. Formés dans leurs studios respectifs, leurs élèves sont régulièrement admis dans d’illustres écoles professionnelles.

Prix de l'éveil 2017

Le Prix de l’éveil, d’un montant de 20’000 francs, récompense une personnalité vaudoise qui enrichit la vie culturelle du canton en suscitant l’éveil du public, jeune ou adulte, par son travail de créateur, de médiateur, de formateur ou d’initiateur.

Colin Vallon, pianiste et compositeur

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Au-delà de Keith, évadé à Berne et célébré à Munich, il rallume Eyjafjallajökull, arpente Rruga, entonne Meral, dessine Polygonia et scande Tinguely. Colin Vallon propulse les notes bleues indigènes dans une dimension universelle, toute d’écoutes entendues, de compositions partagées, de sobre virtuosité, de tonalités intelligentes et d’improvisations épurées. On connaît des pianos qui se languissent d’être mis en trio par Colin Vallon et ses amis poètes.

Prix de la relève 2017

Le Prix de la relève, d’un montant de 20’000 francs récompense un talent émergent et au fort potentiel de développement.

Joël Tettamanti, photographe

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Que dire pour saisir Joël Tettamanti ? Qu’il est photographe ? Qu’il est né et a vécu en Afrique et qu’il en garde peut-être le goût pour les déserts de sable et de glace ? Qu’il se voit comme un corps étranger à la recherche de l’identité d’un lieu ? Qu’il préfère étudier plutôt que montrer et que toujours, il revient au territoire, marqué par l’homme jusque dans son absence ? Voyageur à son rythme, il ne sait pas où ses pas le portent et découvre ainsi ce qui échappe à la plupart : les lieux limitrophes entre nature et civilisation, entre superficialité et abandon. Il crée une distance avec le familier qui nous interroge mais jamais il ne donne de réponse.

Prix culturel Photographie 2017

Le prix culturel Photographie 2017, d’un montant de 20’000 francs, met en avant un photographe du canton.

Rachel Kolly d’Alba, violoniste

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Dès les premières secondes la magie opère. Les notes qui sortent du violon de Rachel Kolly d’Alba sont à la fois intenses en émotion et d’une harmonie qui nous transporte. Le monde devient musique. Sous ses doigts, l’instrument et l’archet vibrent et parlent à notre âme. Très peu d’artistes sont capables de nous élever à saisir cette grâce. Rachel Kolly d’Alba, par la personnalité et le talent qu’elle met dans sa manière de jouer, nous y conduit. Elle incarne la virtuosité, la joie et la profondeur des sentiments. Nous ne pourrons jamais assez lui témoigner notre reconnaissance de magnifier ainsi les compositeurs qui, grâce à elle, restent éternels. Merci Madame !

Prix culturel Musique 2017

Le prix culturel Musique 2017, d’un montant de 20’000 francs, met en avant un violoniste du canton.

Edmond Vullioud, comédien

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40 années au service du théâtre : rarement le mot « service » n’aura sonné aussi juste, pour résumer le parcours d’Edmond Vullioud dans le théâtre suisse romand. Sa stature ne saurait cependant nous faire sous-estimer sa complexité, ce jeu d’ombres et de lumières qui le hante. Il y a du dandy en cet homme de culture. Du philosophe aussi. Et une lutte incessante entre l’attrait de la transgression et le souci de la rigueur, entre la dérision et l’engagement. Tchekhov, Brecht, Molière, Giraudoux, Goldoni, Shakespeare. Carouge, Marseille, Paris, Genève, Lausanne, Dijon : son parcours théâtral ne laisse aucune place à l’anecdotique. Sa présence et son jeu, à la fois subtil et puissant, donnent à chaque personnage qu’il incarne la parfaite dimension et les nuances dont rêve tout auteur dramatique.

Prix culturel Théâtre 2017

Le prix culturel Théâtre 2017, d’un montant de 20’000 francs, met en avant un comédien du canton.

Anita Porchet, émailleuse d'art

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Il y a des vertus à faire les choses lentement. Passer un mois de plus sur pièce n’a pas d’importance. Anita Porchet est comme ses cadrans émaillés : rare, délicate, unique. Mais son apparente fragilité ne masque que partiellement sa tenace rigueur et la haute exigence qu’elle met à transformer ses poudres de verre coloré en chefs-d’œuvre. « Il faut avoir un certain caractère pour accepter qu’après quinze feux successifs, tout le travail soit abîmé. » Et c’est bien ce tempérament fait au feu qui lui a permis de toujours préserver son indépendance. De son parrain émailleur et de mille rencontres professionnelles de haut niveau, elle a retenu le meilleur et, pendant 35 ans, l’a apprivoisé et l’a fait évoluer. Nul comme elle n’a su réinventer son métier et le faire vivre avec son temps.

Prix du patrimoine culturel immatériel 2017

Le prix du patrimoine culturel immatériel 2017, d'un montant de 20'000 francs, est un coup de projecteur sur une personnalité du canton dont l'action a fortement contribué à la perpétuation, à l'évolution et à la transmission d'un élément culturel du patrimoine immatériel vaudois.